Les Hayes-Gasselin aujourd'hui simple hameau composé de deux fermes étaient autrefois une seigneurie avec château, il n'en est plus que des ruines. Les ruines de l'ancien manoir sont superbes, dominant le pays de leur masse énorme, aux sommets déchiquetés, sur une éminence avec esplanade, qu'entourent de profondes douves parfaitement reconnaissables, quoiqu'à demi-envahies par la végétation et les décombres. Relevait de cette seigneurie en 1530, le fief, bordage et tiennent de la Bouzillerie de Saint Martin de Beaupréau en 1540, le lieu domaine, fief et seigneurie de la Chevallerie en Jallais et pour moitié ; le Bois-Buteau de Montigné sur Moine. Le nom de Hayes-Gasselin vint à cette maison d'une famille établie à Beaupréau depuis l'an onze cent. Guillaume Gasselin était seigneur des Hayes. En 1434, Françoise Gasselin sa fille ayant épousé Jean de Laval Montmorency, la terre des Hayes appartint successivement à Jean et à Louis de Laval. Louis de Laval fils était seigneur des Hayes en 1555 ; mais n'ayant pas laissé de postérité, cette terre passa à Gilles Sanglier, son cousin germain, mort en 1556, et dont la fille Renée Sanglier épousa en 1559, Claude de Châtillon, baron d'Argenton. Marie de Châtillon leur fille ayant épousé en 1597 Charles de Manthon descendant de l'ancienne et illustre maison de Savoie dont était issu Saint Bernard dans les Alpes au Xème siècle mourut en 1615, sans laisser d'enfants, après avoir donné par testament à son mari la terre des Hayes. En 1626, la terre et le château des Hayes appartenaient à Balthasar Manthon, baron de Rochefort, seigneur de Château bouchard Escuvien, charbonnod l'Erigodeau et le Bois Renaud Melchiorme de Manthon, fille unique de Balthasar ; épousa Jean-Jacques de Marest. Ils vivaient en 1660.Leur fils Albert-Eugène de Marest, comte de Rochefort, baron de Château-Bouchard-Escuvien, marié à Catherine de Romien, possédait la terre des Hayes en 1679, et était alors en contestation avec Balthasar Legras, seigneur de l'Augardière au sujet des droits honorifiques dans l'église d'Andrezé. Le 21 Octobre 1681, il lui naquit un fils qui eut pour parrain François de Marest, écuyer, et pour marraine Demoiselle Françoise de la croix et le 21 Octobre 1688, une fille nommée Louise qui mourut huit jours après sa naissance. Elle fut inhumée dans la chapelle du château des Hayes avec la permission de l'évèque d'Angers. Vendue au sieur Béritault de la chénaye et revendue en 1720 à Joachim Descaseaux de Hallay écuyer qui mourut en 1731, le terre des Hayes passa à ses neveux Pierre-Henri-Benoit d'Arrissade et Andrée-Renée Boussineau. En 1736, Pèlerin, marchand d'Andrezé était fermier général de la terre des Hayes-gasselin. Sa fille épousa cette même année François Deniau docteur en Médecine de la Faculté de Montpellier, fils d'un marchand de Beaupréau. Les Hayes restèrent ainsi aux mains des fermiers généraux jusqu'à la Révolution. Le dernier fut Gaudré à Andrezé, frère de Giffard, curé de la paroisse. En 1740, les Hayes appartenaient à Angélique Boussineau, mariée à Philippe-Auguste Pantin de la guerre, chevalier, capitaine d'infanterie. Comme l'Augardière et la plupart des anciens châteaux, celui des Hayes a aussi sa légende dramatique. Vers le milieu du XVIIIème siècle le fils du seigneur des Hayes qui visait paraît-il au titre d'esprit fort, prétendit effrayer l’un de ses fermiers en se transformant en loup-garou. Par une nuit sombre il attendit au carrefour des Noues le nommé Chupin de la Joussalmière qui venait de porter au château le prix de sa ferme et se rendait muni d'une hache qu'il venait de faire affûter en passant au bourg. Saisi d'abord par l'apparition le fermier recouvra bientôt son sang-froid et à une nouvelle attaque de la bête il l'étendit à ses pieds d'un coup de hache. Le jeune seigneur des Hayes n'était plus. Ce n'est sans aucun doute qu'une pure légende mais ce qu'il y a de certain c'est que l'on montre au carrefour des Noues une vieille croix de pierre portant le millésime de 1758, avec cette inscription : P. CHUP. D. A. LA. I. P. D. et, qui suivant le testament populaire aurait été élevée en ce lieu par le fermier de la Joussalmière en mémoire du tragique évènement. Le seigneur des Hayes-Gasselin avait droit de banc et de sépulture en l'église Saint-pierre d'Andrezé. Ils avaient fondé une chapelle sous l'invocation de St Gilles dans leur chapelle des hayes et probablement aussi à la Chaussaire et à Chanzeaux car le seigneur des Hayes-Gasselin présentaient trois chapelles situées dans les paroisses de la Chaussaire, de Chanzeaux et d'Andrezé ; et ces trois chapelles étaient sous l'invocation de St-Gilles. Le 10 février 1742, Charles Boussineau, clerc tonsuré écuyer, sieur de Mauves près de Nantes prenait possession de la chapellerie des Hayes. Il était d'usage lors, de sonner les cloches à l'arrivée des seigneurs des lieux, et cette coutume, dit-on, s'est conservée jusqu'après la Révolution. Le service de cette chapelle fut dans la suite transporté dans l'église paroissiale de St Pierre d'Andrezé. Les titres constatent qu'au XVIIème siècle plusieurs habitations étaient groupées autour du château : la plus remarquable était celle passait sur les terres qui ont conservées le nom d'allée du Bourg ; puisqu'elle du châtaignier ; et la grande Allée. Le château des Hayes fut brûlé en 93, pendant les guerres de la Vendée. Ses ruines indiquent une construction du XIIIème et XVIème siècle avec tours pont-levis, fossés aujourd'hui comblés, et un étang de 4 hectares, actuellement desséché mais dont on voit encore la chaussée. On est généralement persuadé que l'ancienne maison des Hayes-Gasselin était autrefois située au lieu désigné aujourd'hui sous le nom des Vieilles Douves. On dit même que cette terre ayant été acquise par trois seigneurs, l'un se chargea de la construction du château dont on voit encore les ruines, l'autre de la plantation des bois, et enfin le troisième des travaux de la chaussée actuelle de l'ancien étang. Une autre tradition, non moins curieuse que les deux premières, rapporte que l'on voyait encore sur la porte de l'ancien château avant la Révolution l'empreinte de deux fers à cheval, et voici comment les anciens expliquaient ce fait que l'on raconte encore pendant les longues soirées d'hiver. Un seigneur des Hayes, la rage et le désespoir au cœur sortait un jour à cheval de l'antique manoir qu'il venait de perdre au jeu. Avant de franchir ce pont-levis, il se détourne pour voir encore une fois le vieux château ; mais transporté de colère, il enfonce aussitôt ses éperons dans les flancs de son coursier en s'écriant : Adieu château des hayes ; jamais je ne te reverrai. Et la noble bête bondissait sous l'éperon de son cavalier lança fortement ses deux pieds dans la vieille porte en chêne que ses fers y demeurèrent imprimés. La porte gardait encore le souvenir de cette journée funeste, comme on l'a déjà dit lorsque 93 vint y inscrire son nom en caractères de feu. La terre des Hayes appartient actuellement à Mr Ambroise Joubert d'Angers, député à l'Assemblée Nationale, qui l'a acquise de Mr Henri Pantin de la Guerre, le 21 Novembre 1871 pour la somme de 600 000 Francs. Au mois d'Août 1846, les servitudes des Hayes furent incendiées par un ballon lancé dans le bourg d'Andrezé sur les 10 heures du soir. Ce ballon vint s'abattre dans l'aire des fermes à l'entrée de la grange qui fut brûlée avec tout le fourrage qui se trouvait là ainsi qu'une partie des gerbes de la ferme. Il n'y a que quelques années encore, il existait non loin de l'ancien château des Hayes un superbe chêne qui mesurait plus de 8 mètres de circonférence à hauteur d'homme. La hache a détruit cette curiosité végétale.
Haies-Gasselin (Les) - ferme commune d'Andrezé . Ancien chateau-fort situé en plaine à 1700 m à l'Est du bourg, et détruit par la guerre de Vendée. Les ruines attestent une construction des XV et XVI s., avec ponts-levis et fossés en partie comblés, qu'alimentait un étang de près de 4 hectares de superficie, aujourd'hui desséché et mis en culture mais dont on voit encore les chaussées. Une longue avenue communiquait avec le bourg sur les terres qui ont conservé le nom d'Allée-du-Bourg. Plusieurs habitations se groupaient autour du château au XVIe, cultivateurs, gens de métiers et marchands; aujourd'hui deux fermes seulement. La chapelle seigneuriale en était dédiée à St Gilles, Deux autres du même vocable étaient à la présentation du seigneur dans les paroisses de la Chaussaire et de Jallais. La terre a gardé le nom de la famille Gasselin qui la possédait encore au XVe s. -En est sieur Louis de Laval 1528, Gilles Sanglier 1545, fondateur sans doute de la chapelle, Louis de Laval, 1569, Balthazar de Menthon, baron de Rochefort, 1696, 1642; - Albert-Eugène de Marest 1679, comte de Roche- fort, mari de Catherine de Romien, y réside jusqu'en 1694;-Philippe-Auguste Pantin de la Guerre 1675; -Bernard-Marie Pantin 1789, capitaine d'infanterie, mais il n'y réside pas. -M. Henri-Marie-Amédée Pantin de la Guerre a vendu le 21 décembre 1871 le domaine, comprenant 6 corps de fermes (295 hect. 75 a. 72 cent.) en Andrezé et en Jallais pour 600,000 franes à M. Ambroise Jules Joubert-Bonnaire, député. La ruine du manoir antique est superbe, dominant le pays de sa masse énorme, aux sommets déchiquetés, sur une éminence avec esplanade, qu'entourent de profondes douves, parfaitement reconnaissables, quoique à demi envahies par la végétation et les décombres. Un petit sentier y descend vers N., pour aborder l'entrée, précédée autrefois d'un pont-levis. La porte double, à double archivolte concentrique, celle de l'intérieur ogivale, s'encadre dans un étroit logis carré, en avancement, flanqué de deux demi-tourelles, qu'éclairent au sommet seulement deux fenêtres et qui en contenaient les escaliers. A droite et à gauche le mur se continue, formant de chaque côté un long corps de logis terminé comme en grosse demi-tour ronde. Le logis vers l'E. est presque entièrement ruiné. Dans le logis vers l'O. apparaissent sur trois étages de vastes chambres, avec fenêtres rectangulaires en granit rose à meneaux perpendiculaires, et cheminées correspondantes, qui s'échelonnent en diminuant d'importance, la première, haute et seigneuriale, voutée, en plein cintre, de granit rose, une autre plus petite à manteau carré, porté sur des chapiteaux, où deux légères feuilles d'eau s'étalent en éventail, réunies par leur tige qui se pro- longe en léger filet sur le fût de la colonnette. Au-dessus, un groupe de trois cheminées identiques mais de dimensions moindres. Au mur vers S. attenait un autre logis carré, à peu près ruiné, où apparaissent les trois étages avec leurs cheminées parées de la même décoration (XIV s.). Tout près s'ouvre la porte en communication avec les appartements de la façade occidentale. Du haut en bas toute trace de votes ou d'escaliers est disparue, comme sur l'autre face tout vestige de bâtiment et même de l'enceinte. Auprès du château jusqu'en 1868 existait un énorme chêne, mesurant à hauteur d'homme plus de 8 mètres de circonférence. Sur le chemin, un peu avant la ferme de la Touche, un ancien foi de pierre, renflé vers le pied sur une hase équarrie, avec trois marches, ports une croix moderne en fonte.
Haies-Gasselin (Les), f, cne d'Andresé, avec imposantes ruines d'un château du XVe s., détruit pendant la guerre de Vendée. La terre garde le nom de la plus ancienne famille propriétaire, antérieurement au XVI siècle. Elle appartint ensuite à Louis de Laval 1528, Gilles Sanglier 1545, au XVI s. à la famille de Rochefort, après 1675 à la famille Pantin de La Guerre, qui la vendit en 1871 à M. Joubert-Bonnaire, député. Les ruines du château, entourées de douves, comportant un châtelet à tourelles, une tour, trois corps de logis ayant conservé de belles cheminées à hottes. La chapelle était dédiée à Saint-Gilles. D'autres chapelles du même vocable étaient à la présentation du seigneur dans les églises de Jallais et La Chaussaire. (Sarazin, Manoirs et gentilshommes d'Anjou.)
| Année | Nom | Montant | Notes |
|---|---|---|---|
| 1675 | Jean Besnard, closier et René , son fils | 24 livres | |
| 1716 | René Emeriau et leur verger ?? père et fils laboureur et autres exploiteurs | 81 livres |